Sommaire

Introduction

  • Stéphane Despatie, Fouiller le ciel, retrouver le réel 4

Des textes de

  • Andrea Moorhead, Mots retrouvés 6
  • Michel Pleau, Comme si je donnais mon ombre 16
  • Nicolas Giguère, La vie des gens riches et célèbres 27

Dialogue

Effets de réel

  • Dossier préparé par Gérald Daudet 40

Avec textes et entretiens

  • Louis Marois42
  • Jonas Fortier60
  • Carole David80

Fouiller le ciel,
retrouver le réel

 

Écris sur l’amour sans le nommer,
la précision consiste à éviter

Erri De Luca

Cette éternité totale qui porte la douleur
alicia Gallienne

Nous entrons ici dans l’univers de six poètes. Six poètes qui fouillent et observent la vie et nous en offrent l’interprétation des parties sur lesquelles ils ou elles se sont attardés. Si l’on emprunte les lunettes de Novalis, plus quelque chose est poétique, plus cette chose serait vraie. Et si, en plus, la poésie choisit les chemins du concret pour s’exprimer, si elle entre en contact directement avec la matière élémentaire, ou encore avec des détails du quotidien, on s’ouvre donc au foisonnement du monde où, au hasard des mots, on peut tomber sur des éclats de vérité qui peuvent agir tantôt comme une écharde, tantôt comme une éclipse, tantôt comme une loupe posée sur un fragment de beauté qui aurait pu nous échapper. C’est à Andrea Moorhead que revient l’honneur d’ouvrir ce numéro avec des inédits regroupés sous le titre de Mots retrouvés. Fidèle à sa démarche habituelle, Andrea avance, déambule, s’aventure dans la nature, comme elle se risque dans les ruines et trouve la « buée des dieux sur un miroir renversé » et d’autres bijoux ici et là, mais aussi de l’ombre. D’ailleurs, Michel Pleau prend sa suite avec Comme si je donnais mon ombre, une série de poèmes qui, de l’aveu de l’auteur, s’est écrite depuis une fatigue du monde et du langage, où il a eu le sentiment de veiller sur ce qui tremble encore dans la « solitude du verbe » (Marie Uguay) ; l’idée même de l’écriture traverse toute la série de textes telle une inquiétude centrale, interrogeant sa propre pratique créatrice et ses horizons. Et nous terminons la section régulière du numéro avec La vie des gens riches et célèbres de Nicholas Giguère, une suite qui oscille entre l’humour, la révélation et la réflexion candide, entre les profondeurs et la surface. Une poésie écrite dans une lumière franche.

Dans la section Dialogue, Gérald Gaudet nous invite, par le biais d’entretiens et de quelques textes inédits, à embrasser les démarches littéraires, artistiques et intellectuelles de Louise Marois, de Jonas Fortier et de Carole David. Grâce au dossier intitulé « Effets de réel », Gaudet nous ouvre une porte qui donne sur un paysage où il pleut des mondes. Les poètes interpellé·es donnent, avec beaucoup d’humilité, des détails sur leur manière d’aborder la création et révèlent aussi des éléments de leurs origines ou de ce qui les a construit·es, de ce qui les habite. Ce qui permet aux lecteurs et lectrices de mieux comprendre, autant la forme choisie que les sujets abordés, et d’ainsi mieux saisir la portée du regard de ces créateur et créatrices. Dans ce dossier, ficelé avec beaucoup de soin, plusieurs portes et fenêtres s’ouvrent, et il nous revient de repousser nos horizons et de lire ces poètes avec les nouveaux outils qu’il et elles nous donnent.

Bonne lecture !

Stéphane Despatie