
Sommaire
Introduction
- Stéphane Despatie, Devant nous, les mots 4
Des textes de
- Stéphane Despatie, Néoprène 6
- Francine Allard, de triste eaux 16
- Jérôme Melançon, À fondre la caisse 22
- David Bergeron, Astrolabes (extraits) 27
Dialogue
Les bijoux de la mémoire affligée : dossier sur la poésie iranienne contemporaine
Préparé par
- Parastoo Nasrollahzadeh et Bertrand Laverdure 41
Des textes de
- Sanam Ahmadzadeh45
- Ali Asadollahi48
- Jamshid Barzegar55
- Davood Bayat58
- Roja Chamankar61
- Ata Hosseinzadeh64
- Milad Kamyabian67
- Behzad Khajat70
- Arezoo Mokhtarian73
- Fariba Sedighim75
- Roya Shahhoseinzade78
- Behzad Zarrinpour80
- Mahnaz Yousefi83
Devant nous, les mots
Surgissent des maisons inachevées
Le sang à leurs portes
Pour écarter les malédictions
Louise Cotnoir
la porte s’ouvre
sur le chant
d’un oiseau triste
Céline Fortin
Fenêtre à même le jour
ouverte en plein visage
Vincent Lambert
Exit fête cette année ses trente ans et on a toujours le sentiment de devoir, avec fierté, faire découvrir des voix à notre lectorat. D’abord, il faudrait saluer l’initiative : il y a trente ans, Tony Tremblay et André Lemelin fondaient la revue Exit qui, depuis, a vu des centaines de poètes sertir ses pages de leurs textes. Après quelques années de codirection avec Tony Tremblay, Denise Brassard a pris la barre de la revue, seule, pour quelques autres belles et fécondes années. Aujourd’hui, et depuis maintenant longtemps (on ne compte plus), l’équipe est composée de Pierre Bastien à la direction administrative, appuyé par Dominique Lauzon, et de Stéphane Despatie à la direction littéraire, soutenu par Francis Catalano et Corinne Chevarier, ainsi que par Dominique Robert à la révision et à la correction. Si, depuis quelques années déjà, nous avons Isabelle Toussaint comme graphiste et Patrick Bourque comme édimestre, nous pouvons nous vanter d’avoir le même artiste illustrant toutes les couvertures depuis le premier numéro : Alain Reno. Nous tenons donc à remercier très chaleureusement tout ce monde, sans qui, à quelques reprises, nous aurions pu perdre foi devant les aléas de la vie. Tenir une revue en vie pendant quelques décennies demande dévotion, passion, rigueur et esprit d’équipe. Tout ce monde a fait, à un moment ou à un autre, des sacrifices, d’argent ou de temps, pour que la revue traverse les heures, les intempéries comme les coups de soleil. On dit qu’il faut atteindre au moins trente ans pour savoir ce qu’est la jeunesse. Quand on regarde dans le rétroviseur, on peut dire que la revue a accepté de vieillir, d’évoluer, de changer autant que de rester fidèle à plusieurs valeurs, comme celle de construire des ponts entre les différents types de poésie, entre les générations, entre les langues, entre les pays, ou entre les différentes cultures et peuples qui composent notre pays. Nous avons, depuis toujours, été sensibles à la place qu’occupent chacun et chacune en nos pages ; comme la plupart des revues littéraires, Exit était inclusive avant que ce mot
n’entre dans notre quotidien.
Nous sommes, encore une fois, très fiers de présenter ce nouveau numéro. Celui-ci s’ouvre avec « Néoprène », de Stéphane Despatie, une suite inspirée de la partie natation d’un triathlon de type Ironman, qui fait écho à « Rouge macadam », une suite déjà publiée dans les pages d’Exit et qui se référait à la partie vélo de la même compétition. Suit Francine Allard, la toute nouvelle lauréate du prix Pierre-Chatillon, avec « de tristes eaux », qui propose des textes subtils, habiles, et qui savent surprendre. Jérôme Melançon, qui vit à Oskana kâ-asastêki / Regina, en Saskatchewan, nous présente quant à lui « À fondre la caisse », une suite éclatante qui joue avec les expressions pour, dans un tournant, viser juste. La section régulière se termine avec David Bergeron qui, au sommet de sa forme, nous offre des extraits d’Astrolabes, un recueil en préparation s’annonçant puissant.
Pour la section Dialogue, nous avons une belle fenêtre sur la poésie iranienne contemporaine grâce au dossier préparé par Parastoo Nasrollahzadeh et Bertrand Laverdure. Intitulé « Les bijoux de la mémoire affligée : dossier sur la poésie iranienne », la section regroupe des textes de Sanam Ahmadzadeh, Ali Asadollahi, Jamshid Barzegar, Davood Bayat, Roja Chamankar, Ata Hosseinzadeh, Milad Kamyabian, Behzad Khajat, Arezoo Mokhtarian, Fariba Sedighim, Roya Shahhoseinzade, Behzad Zarrinpour et Mahnaz Yousefi. Une douzaine de poètes bien de notre temps, représentant magnifiquement la diversité des voix qu’on retrouve en Iran, tant pour la forme que pour le contenu. Comme c’est toujours le cas pour nos dossiers sur des poésies étrangères, il s’agit d’une immense opportunité de lire le monde par le biais de la poésie, par le biais des poésies, une occasion de changer de lunettes et de s’abandonner à la beauté des propositions.
Bonne lecture !
Stéphane Despatie





