
Sommaire
Introduction
- Stéphane Despatie, Quand la lumière aveugle l’ombre 4
Des textes de
- Nora Atalla, Les cèdres brûlant (extraits) 6
- Susie Desrosiers, Langueur suivi de Espace insoupçonné 14
- Odelin Salmeron, Suite inédite 21
- Claudia Solís-Ogarrio, Inspirez et ne relâchez pas (extraits) 33
Dialogue
Écrire l’extravagance
- Dossier préparé par Stéphane Despatie 44
Des textes de
- Nour Symon45
- Félix Durand49
- Stéphanie Michaud64
- Alex Thibodeau69
- Marguerite Hubacher76
- Audrey Simard79
Quand la lumière aveugle l’ombre
Des arbres se penchent
C’est plus fort, plus fort que tout
Accrochée aux branches
L’air me semble encore trop doux
Dans l’herbe écrasée, à compter mes regrets
Allumette craquée et tout part en fumée
Muriel Laporte
Nothing that you built has stood
Any system you contrive without us
will be brought down
Leonard Cohen
La part d’ombre d’un incendie est habituellement plus forte que sa lumière, et pourtant son spectacle éclaire parfois sur des kilomètres, causant des dégâts dans nos réflexions les plus brillantes, nous faisant voir en noir le champ de l’avenir. Mais dans notre poitrine ou notre regard, qui jamais ne peuvent se permettre un repos, il arrive qu’une seule étincelle puisse illuminer nos horizons et aveugler nos plus sombres pensées. La poésie, au milieu de sa lucidité, arrive souvent à placer des pierres sur lesquelles poser le pied et à nous permettre d’avancer. Le numéro 123 de la revue Exit est empreint d’une grande lucidité face aux épreuves de la vie, face à ce que l’humain subit individuellement et collectivement, face aux conflits si loin et si proches à la fois pour qui est sensible à la souffrance de l’autre, que cet·te autre soit sous son toit ou à des milliers de kilomètres. Le numéro s’ouvre sur la suite Les cèdres brûlent de Nora Atalla, extraite d’un projet destiné à devenir un livre, où l’on peut découvrir autant les origines de la poète que les horreurs qui se passent, encore aujourd’hui, au Liban : « là-bas tombent des mouches / et des hommes / il pleut la mort au-dessus de leur tête ». Puis Susie Desrosiers, qui publie pour la première fois dans nos pages, nous offre Langueur suivi de Espace insoupçonné, une série de poèmes où on lit autant la dévastation (« J’accroche / Mes peaux mortes / Ma dernière mue / À tes paupières ») que l’immensité de l’espoir (« Exister / En toi / Comme un souffle »). Suit Odelin Salmeron avec des inédits contenant de la révolte comme de la délicatesse, absorbant le monde, l’observant, révélant un poète triste de ne pas posséder les outils qu’il faut pour le réparer : « Ne pas avoir d’endroit / où loger les tragédies humaines / ni les âmes rapetissées / des enfants assassinés. » Puis nous terminons la section régulière du numéro avec Claudia Solís-Ogarrio, née à Genève, mais vivant au Mexique, qui nous donne à lire des extraits de Inspirez et ne relâchez pas, grâce à une traduction de l’espagnol signée Ana Cristina Zúñiga, née à Mexico et habitant Montréal depuis bientôt vingt ans. Claudia Solís-Ogarrio sait remarquablement bien lier, en quelques vers seulement, le particulier au collectif : « J’ai rêvé à la bibliothèque / aux livres de mon père, / aux vérités de vent / aux feuilles de riz, / à l’odeur du cuir, / aux chansons / pour les enfants morts. » Et nous clôturons le numéro avec Écrire l’extravagance, un dossier rendu possible grâce au Bureau des affaires poétiques, à Québec, qui organise le concours du Prix de poésie Geneviève-Amyot, concours donnant lieu chaque année à la publication par Exit des textes des lauréats et des poètes ayant obtenu des mentions. Cette année, les poètes recevant les honneurs après avoir soumis leurs textes sous pseudonyme sont Nour Symon, Félix Durand, Stéphanie Michaud, Alex Thibodeau, Marguerite Hubacher et Audrey Simard.
Bonne lecture !
Stéphane Despatie





