
Sommaire
Introduction
- Stéphane Despatie, Une fois debout, les mots dépassent la page 4
Des textes de
- Éric Gougeon, Un coquillage collé à mon oreille 6
- Éric Roberge, Rythme inukshuk 11
- Carole Massé, Chambre d’écritures (extraits) 24
Dialogue
Paroles en danger : un regard
- Dossier préparé par Flavia Garcia et Diane Régimbald 32
Des textes de
- Jessica Côté – Anne-Marie Desmeules34
- Nada Sattouf – Hélène Lépine51
- Valérie Forgues – Madioula Kébé-Kamara69
Une fois debout, les mots dépassent la page
À onze heures le soir
Le cœur pète comme une vitrine
Jean-Paul Daoust
Ne mens-tu point ? Ce n’est pas ainsi qu’un pèlerin
Achève sa route.
Marina Tsvétaïéva
La vérité c’est le mensonge contourné
Et moi j’en ai fait le tour
Alicia Gallienne
« Il y a toujours bien des limites », dit l’expression, et c’est parfois au cœur de ces limites que l’on se rend compte de l’importance de la liberté qui reste, de ce qu’elle peut encore générer, et que l’on voit les possibilités pour la déployer au-delà des murs de la chambre, des parois d’un coquillage, des sangles d’une civière, des barreaux d’une cellule et de l’enveloppe du corps qui nous véhicule. Les poèmes de ce numéro naviguent avec les limites, avec la réalité, avec la vérité et avec ce cœur qui rythme indéniablement le contenu de tous ces textes. La section régulière du numéro s’ouvre avec Éric Gougeon, un habitué de nos pages, qui nous offre Un coquillage collé à mon oreille, une suite qui fait magnifiquement écho à ce qu’il avait publié précédemment dans la revue. Ensuite, Éric Roberge, proche collaborateur d’Exit depuis ses tout débuts, publie Rythme inukshuk, une suite que l’on pourrait définitivement qualifier d’écrite « hors de la zone de confort », qui respire l’authenticité et rappelle aussi le travail et les contenus déjà abordés par Éric Roberge. On clôture cette section avec des extraits de Chambre d’écritures de Carole Massé, qui propose un texte tant introspectif que collectif, où l’écrivaine regarde et réfléchit sur l’acte d’écrire comme sur son propre parcours, à la fois au milieu des gens et au milieu d’elle-même : « Je m’assois à une table et j’écris / J’ausculte un cœur vivant. // Placer l’amour avant toute chose / (y compris avant les livres). »
Pour la section Dialogue, nous présentons Paroles en danger : un regard, un dossier préparé par Flavia Garcia et Diane Régimbald, qui « met de l’avant la voix de poètes poursuivies, bâillonnées, menacées, voire emprisonnées pour des raisons politiques dans leur pays d’origine. » C’est ainsi qu’on peut lire Jessica Côté et Anne-Marie Desmeules, Hélène Lépine et Nada Sattouf, puis finalement Valérie Forgues et Madioula Kébé-Kamara qui, tour à tour, ont fait écho et honneur à la poésie et au parcours de femmes écrivaines qui ont rencontré d’importantes embûches quant à leur liberté de parole. Ce dossier, comme ce fut le cas pour le précédent en nos pages sur le même sujet et avec la même formule, démontre que leurs luttes rejoignent nos sensibilités et qu’ensemble, nous pouvons au moins tenter de conscientiser les différents lectorats. Je laisserais à Carole Massé le mot de la fin : « Nous écrivons pour nous sauver de nous-mêmes. »
Bonne lecture !
Stéphane Despatie





