Sommaire

Présentation

  • Stéphane Despatie, Déjà la nuit 3

Des textes de

  • Michèle Moisan, Les mammifères n’ont pas de cimetières 5
  • Martin Payette 11
  • Gerardo Ciáncio 15
  • Christophe Pairoux, Que ton règne 29
  • Alyssa Monette, Mes atomes carbonisés 35
  • Jonathan Charrette, Pyromane invétéré 41
  • Fernand Durepos, La mort est d’une patience d’arbre qui chaque jour prend soleil à nos visages (extraits) 53

Dialogue

  • Les lauréats du prix de poésie Geneviève-Amyot
    suivi d’un entretien de Gérald Gaudet avec Geneviève Amyot
    61

 

Déjà la nuit

 

Un chien hurle et hume la cendre dans le caniveau.
Paul Chanel Malenfant

demain remonter l’eau
jusqu’au désir d’être une totalité
Jean-Marc Desgent

Toutefois
Si le désir continue de traverser
Les moindres parties de leurs corps
Le grand vertige
Demeure toujours à la hauteur des yeux
Alain Fisette

 

Si la thématique de la mort a toujours été présente en poésie, la nuit, la fin, l’agonie, le fait de perdre ses moyens, tout ça semble imprégner les pages du genre lyrique de manière de plus en plus imposante. Signe des temps? Peut-être. Il faut dire que Narcisse, lorsqu’il regarde son reflet avec lucidité dans l’eau, comprend bien que la race humaine
fait partie des espèces en voie de disparition sur cette planète. Peut-être aussi que certains poètes, face au spectacle ambiant, ne font que constater l’imminence de leur propre effacement. Il n’y a pas que le dérèglement climatique ou la hiérarchie des urgences qui nous poussent dans les marges; il y a aussi les modes, les tendances, l’effet que certains recher­chent, qui, au sein même du genre lyrique, provo­quent des questionnements qui engendrent leur lot de rassemblements et de divisions. Et on se tourne, immanquablement, vers ce qu’il reste devant nous, espérant parfois laisser une trace qui subsistera malgré toutes les tempêtes.

La section régulière du numéro 95 d’Exit regroupe sept poètes : Michèle Moisan, pour une deuxième publication en nos pages, présente Les mammifères n’ont pas de cimetières, pendant que Martin Payette, pour son entrée à la revue, propose une suite d’inédits riches en images. Gerardo Ciáncio, poète vivant en Uruguay, nous offre plusieurs poèmes grâce à la traduction de l’espagnol proposée par Jean-Pierre Pelletier, Christophe Pairoux, poète montréalais originaire de Belgique, nous donne à lire Que ton règne, alors que la jeune auteure Alyssa Monette signe Mes atomes carbonisés. C’est à Jonathan Charrette, avec Pyromane invétéré, puis Fernand Durepos, avec La mort est d’une patience d’arbre qui chaque jour prend soleil à nos visages (extraits), que revient la tâche de clore la section. C’est avec joie que nous retrouvons la poésie de Fernand, l’un des tout premiers complices de la revue.

La section « Dialogue » présente les lauréats du prix de poésie Geneviève-Amyot ainsi qu’une réédition d’un entre­tien de Gérald Gaudet avec Geneviève Amyot. Le premier prix cette année a été remis à Kristina G. Landry pour tes choses sauvages. Le second à Joëlle Abed pour Monsieur, alors que le troisième va à Simon Douville pour Leçon de garçons. Les mentions sont ensuite décernées à Mélissa Labonté pour Il fait noir de plus en plus tôt et à Dominic Marcil, un fidèle de nos pages, pour Malgré les rails. Le prix de poésie Geneviève-Amyot, créé en 2014 par le Bureau des affaires poétiques, s’adresse à l’ensemble des poètes de la francophonie qui peuvent soumettre des inédits signés d’un pseudonyme. Et si « tout doit disparaître » (Jonathan Charrette), vous pourrez lire ce numéro avec des « chiens d’yeux insaisissables » (Christophe Pairoux), et voir « l’avalanche du désir » (Gerardo Ciáncio) au « Musée de [nos] corps » (Alyssa Monette).

 

Bonne lecture !
Stéphane Despatie